Enquête Prévagay, premiers résultats

Sortir les séropos du placard

mercredi 18 novembre 2009
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Les données préliminaires de l’étude Prévagay, diffusée hier par l’Institut de veille sanitaire (InVS), dressent une image des gays qui fréquentent les backrooms, saunas et bars parisiens. Simplement traduits, ces chiffres indiquent que sur 100 gays dans ce milieu, 18 sont séropositifs, mais seulement 14 le savent.

Les autres associations de lutte contre le sida se sont empressées de sortir des communiqués de presse exigeant le renforcement du dépistage et des messages de prévention. On peut y lire des revendications pour informer les gays de la prévalence dans la communauté (lire : faites attention, il y a des séropos qui sortent en boîte), demander plus de prévention (lire : il faut mettre le préservatif, t’as une chance sur 5 de sexer un séropo) et renforcer le dépistage (lire : il faut augmenter une offre de dépistage qui ne fonctionne déjà pas).

Or, le problème n’est pas là. Si vous êtes surpris des chiffres de prévalence, posez-vous la question suivante : dans une backroom, un séropo peut-il s’afficher ouvertement ? Est-ce possible d’arrêter de paniquer sur le nombre de séropositifs dans une population et commencer à se poser des questions sur la place qu’on leur laisse ? Avec une telle prévalence, pourquoi est-ce si difficile de discuter ouvertement du statut sérologique ?

JPEG - 7.5 ko Les sondages Baromètre gay de ces dernières années, effectués eux aussi à Paris, rapportent des chiffres similaires, 2002 : 12%, 2005 : 14,7%. La prévalence de l’infection à VIH va continuer à monter, c’est incontournable, car avec les traitements, les séropositifs vivent plus longtemps et donc leur nombre dans une communauté augmente. Alors même que près de 18% des gays sont séropositifs, nous ne comprenons pas pourquoi des groupes se disant constitués de séropositifs ou représentant les « malades du sida » continuent d’empêcher l’organisation de soirées entre séropositifs, de contraindre nos désirs, et de nous interdire des espaces solidaires où nous pouvons négocier des pratiques à risques réduites. Quand deux personnes séropositives ont un rapport sexuel, elles ne risquent pas de se contaminer. C’est déjà fait ! Le risque de surcontamination, agité par les cassandres, est par ailleurs extrêmement rare. L’autre risque, celui de la transmission du virus de l’hépatite C, est contrôlable en limitant les pratiques occasionnant des blessures qui pourraient entraîner une transmission via le sang. Bref, il n’y a aucune raison d’obliger les personnes séropositives quand elles ont des rapports sexuels entre elles à l’utilisation du préservatif. De plus, reconnaître la place des séropositifs dans notre communauté, leur donner le droit à une sexualité active sans stigmates, c’est favoriser le dévoilement du statut auprès des partenaires et la négociation de pratiques à moindre risque, que ce soit le sérochoix, le positionnement stratégique ou l’usage du préso.

Revenons à nos chiffres, le communiqué de l’InVS sur Prévagay, rapporte que 20 % des répondants avec un résultat séropositif en laboratoire ne se sont pas déclarés séropositifs dans le questionnaire. 1 sur 5 ! Il faudrait donc renforcer le dépistage ! Mais si on regarde ces chiffres de plus près, parmi ces 20%, plus de la moitié ont déjà passé un test dans les 12 derniers mois. De plus, 15 personnes sur 31 ayant répondu au questionnaire ont indiqué être séro-interrogatives ou ne pas avoir passé de test. La question n’est donc pas d’accentuer le dépistage mais de faire autrement ! Cessons l’hypocrisie. Le dispositif actuel montre ses limites. Un changement radical s’impose, en respect de la qualité de vie des personnes. Il est temps d’arrêter les atermoiements autour de l’implantation de tests rapides en France, d’imposer de compliqués protocoles d’études pour valider l’intérêt des tests rapides alors même qu’à l’étranger, en Afrique, au Royaume-Uni, au Québec, en Suisse ou aux États-Unis, ces tests sont déjà largement utilisés. Il est temps d’arrêter de bloquer l’usage des autotests, alors même que la population leur est favorable, au prétexte que l’autotest ne permettrait pas des entretiens pré et post test quand la grande majorité des tests VIH en France est actuellement faite sans entretien. Il suffit alors d’associer au dispositif d’autotest un conseil par téléphone. Sida Info Service a l’expérience de ce type d’intervention. Il faut aussi dédramatiser le dépistage, le rendre routinier et facilement accessible.

Warning demande donc que soient rapidement mises en place des études permettant de valider des techniques d’autotests remboursés et à disposition dans chaque pharmacie.

Warning demande que cessent les agressions envers les personnes séropositives désireuses d’une sexualité naturelle et épanouie et sans risque de transmission du VIH et que cessent les agressions envers les « poz parties » qui se déroulent dans la plus grande convivialité et visibilité partout ailleurs qu’en France.

Nos désirs sont légitimes. Nous sommes prêts à soutenir l’organisation de ces soirées, à y participer en mettant en place un stand d’information en santé sexuelle. Warning demande que la charte des établissements gays établie par le SNEG en partenariat avec les associations de lutte contre le sida, soit modifiée pour intégrer la réalisation de telles soirées en toute transparence.

Warning est disposée à s’engager dans un débat sincère et honnête avec les autres associations représentant les personnes séropositives, les associations LGBT et les médias gais.


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Commentaires

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vendredi 20 novembre 2009 à 01h35, par  jcm

« Poz party », ça n’a aucun sens. Il y a autant de séronégatifs que de séropos dans ce genre de parties, tout ça pour éviter l’emploi du mot bareback.

Je ne concèderai rien sur l’abandon stupide de ce mot glorieux. Les séropos j’en ai rien à foutre, la moitié sont des fiottes . il n’y a que les barebackers qui m’intéressent.

La séroadaptation n’a plus aucune utilité pour tranquiliser le séropositif, bien au contraire : le rapport Hirschel est aussi valable pour les gays, contrairement à ce qui est entendu parfois ( une arnaque logique sur le fait que Hirschel ait du éliminer les gays dans son étude. Il l’a fait à raison, non à cause du risque anal certes plus fort mais ici négligeable également, mais parce que plein de séronégatifs en couple sérodiscordants auraient été contaminés par des tiers séropositifs hors couples et non dépistés, ce qui aurait faussé toute l’étude.

ya un gogo qui a sorti cette affaire de sérotriage parce qu’il a les PETOCHES devant le risque judiciare : il baisse son froc et il n’a pas compris que promouvoir la séroadaptation chez les gays revient tout simplement à affirmer que le rapport HIRSCHEL n’est pas valide pour les gays : l’INCOHERENCE EST TOTALE ET BORDEL IL SERAIT TEMPS DE S’EN RENDRE COMPTE ICI !!!