À la veille du Congrès international sur le Sida de Washington, le statu quo québécois devient insupportable !

mardi 17 juillet 2012
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Le traitement comme outil de prévention de la transmission du VIH (TasP), vous connaissez ? La prophylaxie pré-exposition au VIH (PrEP), ça vous dit quelque chose ? Les autotests salivaire ou sanguin de dépistage du VIH, non plus ? Normal, puisqu’au Québec, on ne vous dit rien !

Alors que partout ailleurs (Colombie-Britannique, Ontario, États-Unis, France, Allemagne, Suisse, Royaume-Uni, Australie, etc.) des campagnes sur l’intérêt du TasP pour les couples sérodifférents et pour réduire les risques de transmission en général fleurissent depuis son avènement au Congrès international sur le sida de Vienne il y a tout juste 2 ans... Chez nous rien... Sauf quelques articles qui affirment qu’il y a une réduction des risques lorsque la charge virale est indétectable, en ajoutant par la suite tellement de « mais » qu’on ne s’y retrouve plus et qu’on nous dit de quand même mettre le condom, parce qu’on ne sait jamais, un « risque résiduel » persiste. Par exemple, cette récente explication de la « charge virale indétectable » sur le Portail VIH/sida du Québec qui se termine par cette phrase qui ne veut rien dire et prête à toutes les interprétations : « une personne vivant avec le VIH dont la charge virale est indétectable devrait prendre tous les moyens nécessaires afin de protéger ses partenaires sexuels de la transmission » [1]. Traduction : la procréation naturelle pour les couples straights sérodifférents, c’est non. Charge virale indétectable ou pas, mettez des condoms.

Nouvelle campagne du CRIPS-IDF, France

Bref, au Québec, si vous êtes un couple sérodifférent gais qui veut arrêter le condom ou un couple sérodifférent hétérosexuel qui veut avoir un bébé de manière naturelle, mieux vaut connaître les quelques médecins qui offrent un suivi adéquat sur ce sujet ou bien aller voir ailleurs.

Le TasP, c’est pas pour les Québécois. Normal, personne n’en parle, sauf le Dr Rejean Thomas, et surtout pas les autorités chargées de notre Santé publique et de notre prévention. On n’en est encore à se demander comment optimiser les tests de dépistage du VIH sans proposer des actions novatrices qui ont déjà fait leurs preuves ailleurs. Il est possible d’avoir accès au test rapide à seulement 3 places à Montréal, 1 à Québec, et ceci sans aucune garantie d’une offre permanente.

À Toronto, Paris, New-York, Berlin, Melbourne, des campagnes publiques s’affichent dans les bars et les saunas gais. Vous en avez vu à Montréal ? Non bien sûr, il n’y a même pas d’accès illimité à des condoms et du lubrifiant dans l’ensemble de nos saunas gais, alors des affiches sur la prévention biomédicale vous n’y pensez pas !

Nouvelle campagne du SNEG, France

Et la PrEP alors, vous en pensez quoi ? Vous savez la PrEP, qui consiste à prendre une pilule de Truvada tous les jours pour permettre à des séronégatifs particulièrement exposés au VIH de réduire jusqu’à 75% voire 90% [2] les risques de le contracter lors de rapports sexuels sans condom systématiques, occasionnels ou accidentels. Les États-Unis viennent juste d’en autoriser la commercialisation [3]. Ben non, c’est pas pour les Québécois (à moins de connaître les bons médecins déjà enclins à la réduction des risques). Sinon, allez donc en France [4], ou si vous êtes riche, aux États-Unis pour faire vos provisions.

Quant aux autotests VIH, dont les autorités aux Etats-Unis viennent d’autoriser la vente libre [5], c’est le même vide quasi abyssal, si ce n’est cet excellent article de Ken Monteith [6]. Allez donc sur l’Internet.

Que vous parliez de cette inaction poliment [7] ou de manière plus agressive [8], ça ne change rien. Au Québec, les principes GIPA pour une participation accrue des personnes vivant avec le VIH [9], c’est juste pour faire joli... Alors penser à une homologation du Truvada en PrEP ou de l’autotest VIH salivaire Oralquick, plutôt rêver... Pendant ce temps, les contaminations VIH ne diminuent pas au pays — pire elles augmentent chez les jeunes gais québécois [10] — alors que là où l’on a profondément fait évoluer les outils de prévention depuis des années, l’incidence baisse, y compris chez les gais : San Francisco (2006-2008 : -36%) [11], la Suisse (2008-2009 : -13%, 2009-2010 : -4%, 2010-2011 : -7%) [12], et maintenant l’Allemagne (2010-2011 : -7%) [13].


Plus de détails sur la nouvelle campagne du CRIPS-IDF : http://www.lecrips-idf.net/article2...

Plus de détails sur la nouvelle campagne du SNEG : http://www.sneg.org/prevention/2012...



Commentaires

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mercredi 18 juillet 2012 à 07h32 - par  Patcd

Aussi bien traverser les lignes américaines et aller chercher nos tests en pharmacie !