Tansmission sexuelle du VHC

mardi 5 avril 2005

La transmission sexuelle du VHC et sa fréquence fait l’objet d’un débat important depuis l’augmentation de l’incidence VHC chez les personnes séropositives dans plusieurs pays d’europe, et ce depuis 2000. L’InVS a, elle, évoqué plusieurs cas d’hépatites C aiguës chez plusieurs homosexuels séropositifs, pour lesquels « aucun facteur habituel de transmission du virus de l’hépatite » ne pouvaient être incriminé (source). On suggère ici et là que les rapports anaux non protégés, la pratique du fist ou encore le fait d’être déjà VIH+ pourraient être des éléments facilitant la transmission du VHC.

La polémique fait rage : faut-il ou non considérer le VHC comme une infection sexuellement transmissible ? Lors d’une récente réunion du groupe d’experts de l’INPES visant à la préparation d’un nouveau jeu de carte informatif de prévention des IST, la question a été évacuée sans discussion et le VHC rejeté, on n’a pas su pourquoi, de la liste des IST. Pourtant, quelques travaux sont en cours, notamment une étude canadienne qui vient de faire un premier point sur la question.

L’étude a été menée sur l’Omega Cohort Study qui prenait en compte 1085 gays, cette fois-ci séronégatifs, de Montréal. Elle visait à mesurer l’incidence VHC par transmission sexuelle. Après examen sanguin en début d’étude, la prévalence du VHC, non compris les cas où l’injection pouvait être le facteur de transmission, était de 0,3 %. Ensuite, en 8 mois de suivi, un seul cas de séroconversion VHC a été observé chez une personne qui a indiqué avoir pratiqué l’échange de seringues dans les 6 mois précédant le dépistage. Les auteurs concluent donc à l’extrême rareté de la transmission sexuelle du VHC.

D’autre part, une autre étude a été menée afin d’évaluer dans la cohorte VIH suisse la corrélation entre la pratique du sexe à risque et l’élévation de l’incidence de l’hépatite C. Cette étude a été présentée à la dernière conférence de la CROI à Boston. Les auteurs concluent que l’incidence VHC est faible en l’absence de pratique d’injection de drogues. Ils ajoutent que chez les gays séropos, l’incidence VHC est plus élevée chez ceux ayant déclaré des relations sexuelles non protégés (0,7/100 personne-années au lieu de 0,2/100 personne-années).

Source :
Alary M et al. Lack of evidence of sexual transmission of hepatitis C virus in a prospective cohort of men who have sex with men. American Journal of Public Health 95 (3) : 502 - 505, 2005.

Rauch A, Rickenbach M, Weber R, et al. Association of unsafe sex and increased incidence of hepatitis C infection in HIV-infected men who have sex with men.
In : Program and abstracts of the 12th Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections ; February 22-25, 2005 ; Boston, U.S. Affiche 943.